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Le monde des narcissiques et des polémistes

Les réseaux sociaux. Vaste débat.

Pour ou contre ?

Ils nous éloignent de nos proches et nous rapprochent des éloignés géographiques ?

Moi, j’aimais bien les réseaux sociaux, à petites doses. Quand j’avais un moment à perdre, pour rigoler un peu, échanger, passer le temps.

Puis, on s’aperçoit qu’il y a…

  • Ceux qui veulent en mettre plein la vue (« t’as vu, hein, t’as vu, moi je suis à la plage, moi je suis heureux »).
  • Ceux qui en profitent pour « casser du bois » comme jamais ils n’oseraient le faire entre quatre yeux.
  • Ceux qui sont malheureux, mais essaient de faire bonne figure.
  • Ceux qui ne sont là que pour lorgner le mur des voisins, ne s’exprimant jamais de peur que quelqu’un voie qu’ils ont liké un post.
  • Ceux qui ont un avis sur tout, et particulièrement quand on ne leur demande pas.
  • Ceux qui cherchent la faute d’orthographe, se trouvant malins de mettre le doigt dessus et oubliant par là que sur les réseaux sociaux, parfois, des personnes de langues étrangères ont aussi envie de s’exprimer.
  • Ceux qui font de l’humour tellement décalé qu’Alfred Nobel ne saurait pas comment mesurer l’abîme entre leurs rires et ma bouche ouverte.
  • Ceux, ceux, ceux… Cochez la phrase qui te concerne.

Et bien voilà, non, il n’y a pas de phrase qui te concerne, parce que sur les réseaux sociaux, c’est comme dans la vie… les méchants, c’est les autres 😆

Le monde des narcissiques

Commençons par examiner à la loupe les mordus des selfies. Haha, je les adore. Tellement de selfies ! Mais au fait, c’est combien « tellement » ? C’est ça le problème encore une fois. Pour moi, celui qui met un selfie par semaine juste pour montrer sa bouille, je me dis qu’il manque de confiance en lui. Et pour quelqu’un d’autre, une fois par mois, c’est déjà bizarre. Déjà à ce stade, point 1 alinéa 1, on diverge !

Montrer sa bouille juste pour prouver, se prouver qu’on est heureux et chanceux. Ces personnes ne connaissent pas le proverbe : pour vivre heureux, vivons cachés. Elles ont besoin de s’afficher, d’attirer les pouces en l’air. Pour le fun ? Pour rigoler ? Pour partager ? Pour exister ?

Qu’importe, elles en ont besoin. Et on joue le jeu (« Ho mais ma chérie, t’es toute beeeellle ! ») et quand vient notre tour de mettre une image, on surveille nos notifications. Ha mais, nous, on a tout liké, ça serait le moment de recevoir notre part !

Et celui des polémistes

Ou sinon, alinéa 2, il y a celui qui donne son avis. Quand il n’y a pas de question. Et qui, systématiquement, dira le contraire de ce qu’on attend, parce que c’est TELLEMENT plus drôle d’être dans le parti opposé. Mais je taquine. Quand il voit la moutarde s’enflammer, hop, déconnexion… jusqu’à la prochaine. Ou il recommence. Parce que lui, il n’existe que dans l’opposition. Dans le mouvement de groupe, il disparaît, se noie, devient translucide, n’existe plus. Alors il « taquine ». Parce que dire les choses comme il les pense serait se découvrir un peu. Non, il est mieux bien caché derrière son opposition. Ce n’est pas de sa faute si personne ne comprend le monde comme lui !

Le monde des blagueurs

Alinéa 3, les blagueurs. Alors là. Je manque un peu de mots. Oui, cela m’arrive. Moi qui aime l’humour, je n’arrive pas à expliquer la frontière qui existe entre la blague qui me fait rire et celle à laquelle je ne comprends que dalle. Du moment où il faut réfléchir, en se disant « mais qu’a-t-il bien voulu dire par là, il a dû oublier un mot ? Je lui demande de répéter ? C’est dans ma langue maternelle ? Qui peut me traduire ? », j’attends le déclic. Qui ne vient pas, forcément. Plus on doit réfléchir, moins on a envie de rigoler. Et là, tu regardes le monsieur qui se tortille de fierté ou alors, sur les réseaux sociaux, tu envoies un ? bien senti. Puis tu attends la réponse, l’explication, la délivrance.

Rien. Parce que celui qui a fait la blague est tellement en train de rire que tu lui casses sa belle humeur en refusant de rire spontanément. Et c’est toi qui passes pour le crétin ! Forcément !

Alors, des situations pareilles, une fois, deux fois, trois fois, tu te remets en question. « Il faisait chaud, j’avais l’esprit occupé ailleurs. » Puis quand même, au bout de quelques fois, tu LE remets en question. Non mais ??? Il est sérieux dans son humour ?? Il y a des personnes bénévoles qui rient pour ça ?

Là, tu as plusieurs possibilités : c’est un bon ami dans d’autres circonstances, tu décides qu’il mérite un brin de tolérance et à la prochaine blague, tu ris un peu pour lui faire plaisir. Tu ne fais même pas l’effort d’essayer de comprendre, non, tu ris et puis voilà. Il est heureux, tu es heureuse qu’il soit heureux, la vie est belle.

Ou sinon c’est quelqu’un à qui tu ne tiens pas spécialement. Et là… et bien tu delete. C’est facile. Bouton « bloquer » en bas à gauche, « ne plus suivre », « éjecté », « loin du bal », « je suis fatiguée ». Et hop, paf paf, tu retrouves ton petit cocon. Sur les réseaux sociaux, c’est facile. Trop facile même, relation kleenex. Un mot de travers et hop, t’es plus ami ! Des fois, tu ne sais même pas pourquoi !!! Tu t’aperçois en douce que tu as été viré(e), mais tu ne sais pas ce que tu as dit de travers. Surprise, y’a plus personne. Et ça, ça me fait rire. Facilité, manque de courage, tu es supprimé sans le savoir. Sans explication.

et des râleurs

Au tour maintenant des râleurs. Qui me laissent pantoise. J’admire la ténacité de ces gens à trouver le truc qui coince, la tache noire dans ce bel arc-en-ciel qu’est la vie quotidienne. À prendre en photo la bouteille en PET qui a été mise en dehors de l’endroit prévu à cet effet (et une fois la photo prise, je suppose qu’ils passent à côté de l’objet litigieux, pas question de se salir les mains, ce n’est pas eux qui l’ont mis) et vite poster l’image du scandale, avec un commentaire acerbe : « ha ces jeunes ne respectent plus rien ! » Ils se donnent ainsi bonne conscience. Ils ont lutté pour une ville propre ! Ils ont dit que ce n’était pas normal ! Bon, on ne va pas leur demander ce qu’ils font en fait de concret pour que ça s’améliore, ceci ne nous regarde pas.

Ou alors celui qui râle parce que sa commune a mis un trottoir à un endroit qu’il ne juge pas approprié. Ou qui ne l’a pas mis. En fait, c’est égal, mis ou pas mis, de toute façon, c’est lui le centre de la commune. Il oublie quelque peu qu’il y a d’autres habitants avec d’autres habitudes et peut-être, je dis bien peut-être, ce trottoir là leur est utile à eux. Pas à lui !! 😡 Mille sabords, crime de lèse-majesté, il y a d’autres personnes qui vivent dans la commune. Et en plus, d’autres personnes qui décident pour lui. What ?? Mais alors, vas-y, inscris-toi, fais-toi élire et décide ! « Heu, non, j’ai pas le temps. » Haaa, mais de râler, là tu trouves toujours ! Bref. Il y a des râleurs, il y aura toujours des râleurs, j’en ai pris mon parti, j’ai un parapluie à râleurs !

Le monde des fantômes

J’appelle à la barre Casper. Mon ami le gentil fantôme. Il y a le fantôme carrément fantôme, c’est-à-dire que c’est dans la vraie vie qu’il te parle de trucs que tu as fait (!!) qu’il a vu passer, mais dont il s’est bien abstenu de commenter. Même pas un like (tu parles, les autres pourraient voir qu’il t’a mis un pouce en l’air) mais il regarde très régulièrement tes avancées. Il est content pour toi (ou pas, je suis une grande naïve, mais il ne faut pas pousser) il rêve de partager un peu de ton grain de bonheur, d’avoir une vie aussi fun que la tienne (tu parles, je choisis mes posts évidemment) mais il reste dans l’ombre. Obstinément dans l’ombre. Et le jour où un pouce en l’air lui échappe, pris dans l’euphorie d’une soirée solitaire, toi tu es bousculée !!! « Mais en fait, il était là ! » Bien là, tapis derrière son écran ! Et le point fort de ce Casper, c’est que tu ne t’y attendais tellement pas que tu es toute contente ! Yess, je l’ai eu !

Et le Casper discret. Qui inspecte les murs des autres et qui de temps en temps, met lui-même une publication. D’un banaaaaal ! Mais bon, il en met une, juste pour dire qu’il participe. Merci Casper !

et des linguistes

Le perfectionniste de la langue française. Là, je dois t’avouer, j’aime la langue française. Sa subtilité, ses nuances, ses sous-entendus, ses doubles sens, sa poésie, sa franchise, sa langue de bois. La façon dont on peut dire quelque chose sans le dire ou au contraire, l’exprimer clairement. J’aime la communication. Les mots. Et l’orthographe. Et quand je vois une faute, mes yeux ont mal, mon cerveau analyse, corrige. Quand c’est dans un commentaire, mon cerveau corrige tout seul et normalement, je comprends. Et je passe. Moi qui ne maîtrise que le français, je suis admirative devant les personnes qui parlent plusieurs langues. Je ne comprends pas comment leur cerveau arrive à trier les mots. Alors, quelques fautes d’accord ou de double lettre, ce n’est pas bien grave, elles s’expriment.

Quand c’est dans une publication, là, c’est plus complexe. Si c’est une réflexion pour faire rire, ok, je retiens l’idée générale et je passe. Si c’est dans le texte d’un ami, je lui écris en privé pour lui signaler l’erreur. Désolée mes amis si cette démarche vous gêne, personnellement, j’aimerais que vous fassiez la même chose. Mais en privé ! Le but n’étant pas de vous humilier, mais bien de vous permettre d’avoir un texte qui accroche pour son contenu et non pas par ses fautes ! Et c’est un signe d’amitié de ma part. Rhoooo, tout doux 😉

Alors, celui qui ne trouve à répondre dans ses commentaires que « oui bin là, déjà, apprends ton bescherelle avant de la ramener », je trouve personnellement qu’il manque d’argument. Bim, tu ne sais pas écrire sans faute, tu n’as même pas le droit d’essayer de t’exprimer. Remarque, généralement, ce commentaire est noté par une personne n’a pas la même idée que celui qui poste. Je ris ?

Le monde du mal-être et des âmes seules

Et pour finir, ceux qui sont malheureux, mais qui essaient de faire bonne figure. Les « ça va comme un lundi », « c’est la vie », « courage pour ta journée », etc. qui me hérissent le poil. Déjà, la phrase « c’est la vie » je ne supporte pas. Bon sang, on a la vie qu’on se fait. Les événements peuvent bien entendu nous tomber sur le coin de la figure, mais c’est notre attitude vis-à-vis des événements que nous pouvons changer. Le « c’est la vie » voudrait dire qu’on ne peut rien y faire ? Qu’on accepte de courber l’échine, d’attendre que ça passe, et la vie va s’améliorer toute seule ? Ils font semblant de faire bonne figure, mais pour quelqu’un d’un peu sensible aux mots, c’est un appel au secours. J’enfile ma cape et je tente de mettre un peu de soleil. Un sourire, une ironie, quelque chose, mais ne nous contentons pas d’un « c’est la vie » !!!

Et ceux qui postent sobrement « journée de m* », voilà, sans explication, sans rien dire de plus. Si t’es curieux, c’est encore à toi de demander : « ho, mais que se passe-t-il ? » Et ils daignent lâcher un mot, comme à contrecœur : « non c’est rien, t’en fais pas, je vais gérer ». Mouhahahaha, mais alors là, moi, je n’y comprends rien. Quel est ce besoin de poster son mal-être, mais sans vouloir l’étaler, juste piquer la curiosité, juste voir si quelqu’un se préoccupe de soi. Voilà. Il est là le problème… y’a quelqu’un qui m’aime assez pour demander de mes nouvelles ?

Le mot de la fin

Et je ne te parlerais pas du nouveau réseau social que j’explore. Instagram. (TikTok n’y pense même pas !) Là, j’atteins des sommets. Je pensais aller sur un réseau qui partage des images, des motivations. Je me retrouve dans une agence matrimoniale. Pakistan, Indes, Amérique, Turquie, toutes ces âmes seules qui aiment la Suisse. Et qui commencent un « dial » par un « cc sa va t’es marié ». J’atteins les sommets ou les bas-fonds, je n’ai pas encore décidé, je dois explorer, apprendre, lâcher prise, comprendre. Peut-être que mon apprentissage fera le sujet d’une nouvelle réflexion écrite, mais pour l’instant je suis trop déboussolée pour en dire plus.

Alors, les réseaux sociaux ? Il n’y a toujours pas de phrase qui te concerne ?

Dis en moi plus sur TA vision des réseaux sociaux, je suis curieuse et ouverte d’esprit 😀

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